samedi 28 mars 2009


TOURNÉE AFRICAINE DU PRÉSIDENT FRANÇAIS
Sarkozy en pompier à Kinshasa
28 Mars 2009 - Page : 12
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La nouvelle politique africaine est en marche

Les récentes déclarations du président français quant aux «immenses» richesses de la RDC ont été mal comprises à Kinshasa où M.Sarkozy a tenté de calmer le jeu.

La France souhaite établir «une nouvelle relation» avec l’Afrique. C’est ce que laisse entendre le président Nicolas Sarkozy, lors de sa mini-tournée en Afrique. La République démocratique du Congo, le Congo-Brazzaville et le Niger sont les pays où s’est rendu M.Sarkozy.
Cette visite s’inscrit dans la volonté du président français de «recentrer» les relations de la France avec le continent noir. Nicolas Sarkozy cherche à remettre les choses à plat en matière de relations entre Paris et ses anciennes colonies africaines et lever les suspicions nées après ses déclarations intempestives sur l’Afrique, notamment en 2007 à l’université de Dakar ou tout récemment à propos des richesses de la RD Congo.

Pour ceux de nos amis qui veulent en savoir plus sur Kinshasa

 écoutez l'émission du vendredi 27 mars 2009

 

                                                              Kinshasa 1, premier jour à Matongué

                                                                                    photo
photo : Au delà de l'espoir, oeuvre réalisée par Freddy Tsimba, commande de la ville d'Ixelles en Belgique, réalisée avec des douilles de cartouches récoltés en RDC

Kinsaha: capitale de la république démocratique du Congo.

Un pays grand comme l'Europe, en plein coeur de l'Afrique, à cheval sur l'équateur. Un pays riche qui regorge de matières premières: cuivre, cobalt, étain, uranium, coltan, méthane, or et diamant à foison.

Un pays pillé par des réseaux d'élite composés de dirigeants politiques et militaires d'Afrique et d' hommes d'affaires occidentaux et africains. Ce pillage a constitué la principale source de financement de la guerre qui a ensanglanté le pays depuis 1996.

30 ans de Mobutisme et 10 ans du conflit le plus meurtrier depuis la seconde guerre mondiale ont précipité le Congo au bord du gouffre. Selon l'ONG américaine International Rescue Comittee, les Congolais subissent la crise humanitaire la plus meurtrière au monde depuis 60 ans.

Kinshasa: capitale de la république démocratique du Congo. C'est l'une des plus grandes villes d'Afrique, une mégalopole surpeuplée, il y aurait entre 8 et 10 millions d'habitants, personne ne sait exactement, cela fait des années qu'il n'y a pas eu de recensement. Les Kinois décrivent leur ville comme un cadavre, une épave. Une ville tentaculaire où les routes sont impraticables. Une ville où le chômage atteint des sommets, où 5% seulement de ses habitants ont un salaire régulier. Une ville où les 3/4 de la population est trop pauvre pour se soigner et se nourrir chaque jour. Alors on rit ou on pleure?

Les Kinois rient, ils vivent leur cité avec un indéfectible sens de l'humour. Pleurer ne servirait à rien, personne n'entendrait. A Kinshasa on rit beaucoup, même si c'est pas gai, on prie aussi, à Kinshasa dieu n'est jamais loin, on boit, on danse, c'est comme ça qu'on survit. Les Kinois s'agrippent, résistent, ils refusent de lâcher prise. Ils croient envers et contre tout que ça s'arrangera. A Kinshasa l'espoir est toujours là. Et de tout façon quoi faire, sinon espérer?

Avec Riva qui nous accompagnera pendant notre séjour à Kinshasa et son ami Jean Goubald, un chanteur célèbre au Congo, on s'est installé à une terrasse de café dans le quartier de Matongé au cœur de Kinshasa, pour boire une bière et discuter à bâtons rompus de cette ville et de la vie ici. C'est notre premier jour. Nos premiers pas à Kinshasa. Tout est nouveau. On s'est installé face au stade Tata Raphael, construit au temps des colonies, c'est ici que sont tombées en 1959, les premières victimes kinoises de la lutte pour l'indépendance.


Dans ce stade les plus grands chanteurs se sont produits, Jimmy Cliff, James Brown, c'était la grande époque de Kinsahsa, au milieu des années 7O, l'époque où l'on surnommait la ville Kin la belle, aujourd'hui le stade a perdu de sa superbe, les peintures s'effritent. A l'image de la ville. Kinshasa n'est plus ce qu'elle était.


photo
photo : Riva Kalimazi notre guide, et Jean Goubald le chanteur


Afrique. Sarkozy dans le chaudron congolais

27 mars 2009


Conscient que la situation en Afrique équatoriale, en particulier en RDC et dans la région des Grands Lacs, souffre d'instabilité chronique, Nicolas Sarkozy a adopté hier sur place le ton de l'apaisement.

DR Congo/Matadi: Sensitisation day on the mandate and activities of MONUC


Biliaminou Alao / MONUC

On 26 March 2009 in Matadi, MONUC organized two conference debates on its mandate and activities in Bas Congo province for the deputies and members of the provincial government, as well as political party and civil society representatives.

After a short presentation on MONUC's mandate and the history of the Mission in the DRC since 30 November 1999 by the interim head of MONUC's Matadi office, all the substantive sections of MONUC Bas Congo informed the 150 participants present at the two meetings on their daily activities in the implementation of the Mission mandate.

Concerns regarding the upcoming local elections

The questions and answers session made it possible for those present to challenge MONUC on the provisions designed to avoid election fraud, as well as the procedures to take into account unregistered minors, and people who have lost their voter registration cards.

MONUC's Electoral section representative explained its support for the Independent Electoral Commission, so that all the errors from previous elections are used as lessons for the future, and that previous successes are built upon.

Security of the territory of the province

The deputies and civil society representatives underlined the incursion of the Angolan army into two villages in the territory of Mbanza Ngungu, and questioned the nature of MONUC's support for the Congolese government.

In response, the positive contribution of MONUC through its Radio Okapi was reiterated, as Radio Okapi allows the Congolese population to be informed, thus putting the onus on authorities at provincial and national level to shoulder their responsibilities.

In this way, the inhabitants of Kusi observed the departure of Angolan soldiers from their village, after nearly two months of occupation, as the village of Sava Ina awaits its turn for liberation.

Congolese Police and respect for human rights

MONUC was also reproached for not preventing the Congolese National Police (PNC) from making exactions against members of the ex movement Bundu Dia Kongo (BDK) during the confrontations of February 2007 in the province.

The head of the United Nations Police (UNPOL) in Matadi pointed out that PNC officers are trained by MONUC on a regular basis. He said that in 2009, nearly 1,500 PNC officers underwent training by MONUC in the fields of road traffic, maintenance and re-establishment of law and order, judicial police and intelligence gathering, with a focus on respect for human rights, child protection and the prevention of violence against women.

Prison conditions in Bas Congo

MONUC's Rule of Law section representative underlined its contribution to the improvement of the difficult conditions in the prisons and detention centres of the province.

MONUC Matadi's interim head of office congratulated Bas Congo's local authorities, political actors and civil society organizations for their contribution to the maintenance on peace in the harbour province.

The audience expressed their appreciation and said they would like to see a repeat of the initiative, in order to continue the debate on other socio-economic issues in Bas Congo province.

jeudi 26 mars 2009

Mbanza-Ngungu : l'armée angolaise se retire de Kuzi

Bas Congo | Politique et Citoyen | 26 Mars 2009 à 07:12:50

Les soldats angolais ont quitté le village Kuzi à plus de 200 kilomètres de Matadi mercredi dans l’après-midi. C’est ce qu’ont affirmé plusieurs sources du territoire de Mbanza Ngungu. Selon un religieux de cette contrée joint par radiookapi.net, c’est après l’arrivée du premier ministre, Adolphe Muzito, et quelques officiels ce même mercredi à Kuzi que les soldats angolais ont descendu leur drapeau et plier leurs bagages à destination de leur pays.

Lire

Message de Bundu dia Kongo

Il y a 40 ans mourait Joseph Kasa-Vubu
Président KASA VUBUNé en 1917 au village de Dizi, au Mayumbe, dans la province du Bas-Congo, il fut inscrit au catéchuménat de la mission de Kizu, à 6 kilomètres de Tshela. Il fut baptisé le 31 janvier 1925, eut sa première communion le 1er février et reçut la confirmation le 10 juillet de la même année. Son père s’appelait Mvubu-Tsiku qui, ayant acquis dans sa jeunesse des notions de portugais, avait émigré vers le Cabinda durant plusieurs années en y faisant l’interprète des commerçants ambulants de sa région. Il y fit fortune et rentra à Tshela, où il se maria à Mavangu Mpoba qui lui donnera une abondante progéniture, dont Joseph Kasa-Vubu. Sa situation prospère ayant suscité la jalousie, il se retira du village pour aller s’installer à l’écart. Certains récits font état d’un cas de médisance lui attribuant des pratiques sorcières du fait qu’une domestique qui vivait chez lui était gravement malade. Il se résolut de défier l’opinion. Il demanda de boire du poison rituel des mains du chef du village. Il vomit abondamment après avoir consommer le poison, mais sans trépasser. Ceci était un signe d’innocence. Ce même jour-là, son épouse donna naissance à un beau bébé à qui le père, en souvenir de ce qu’il venait de vivre, donnera le nom de Kasa qui signifie poison, ou épreuve, ou jugement. L’orthographe correcte est « Nkasa » et « Mvumbu », qui implique l’idée de « ce dont il s’agit ne vous regarde pas ». Cependant, ledit bébé avait une peau « si anormalement claire » et des petits yeux comme « un Chinois » que l’on soupçonna sa mère de s’être méconduite. Il s’en suivit une enquête coutumière qui ne révélera rien de délictueux dans le chef de la mère. Kasa-Vubu, qui était huitième enfant et dernier garçon de la famille, connut à peine sa mère qui mourut quand il n’avait que quatre ans. En 1925, Il a douze ans, il est baptisé et commence des études primaires à la maison de Kizu, tenue par des missionnaires de Scheut. Son père mourut aussi en 1936. C’est son frère aîné Nsambu Michel qui exerça sur lui une influence décisive. Il logea à la mission en 1927 pour y faire son école primaire par les premiers moniteurs noirs formés par les pères. Sur lui, on nota « sa réserve, son intelligence, une pointe d’indépendance ». Quand le jeune homme termina sa quatrième année, il fut sélectionné dans un recrutement ecclésiastique, parmi les meilleurs et les plus intelligents des élèves pour être envoyés au petit séminaire de Mbata-Kiela où il resta huit ans, de 1929 à 1936..Un séminariste révolutionnaireLe petit séminaire de Mbata-Kiela était une sorte de monastère d’assez fière allure, lieu choisi, silencieux et paisible. Les conditions de vie y étaient très dures, « les heures se passaient en prières, méditations, offices et corvées ». « Kasa-Vubu était un élève brillant, doué pour la religion et surtout pour les mathématiques. Il excelait aux travaux d’analyse et de synthèse, décomposant les données du problème, les classant, étudiant leurs relations pour se faire un chemin jusqu’à la solution. Tout son effort visait à comprendre et à utiliser ». En 1934, pour la classe de 3ème, Kasa-Vubu eût comme condisciple un certain Joseph Malula, le futur cardinal. Sur les 30 élèves qui débutèrent le cycle en huitième, il n’y eut que six à la fin de cycle. En dernière année, Kasa-Vubu sortit deuxième de la promotion. « Les compagnons qui terminèrent avec Joseph Kasa-Vubu le petit séminaire se souvenaient de lui comme un garçon d’une grande réserve, calme, tranquille, mais l’esprit jamais en repos. D’une prudence extrême, il ne répondait aux questions de ses maîtres que sûr de sa réponse. Le professeur avait beau faire et le traiter d’entêter, il n’obtenait de lui qu’une réponse juste ou le silence. Les élèves l’avaient surnommé « Kiboba », c’est-à-dire : « le vieux ». Ses loisirs passaient en lectures. Quelquefois, il jouait au ballon, mais mal… » Tous les six finalistes de Mbata-Kiela demandèrent d’aller au grand séminaire de Kabwe au Kasaï. Le groupe passe par Léopoldville où ils logent à sainte Anne. Ils sont bien accueillis à Kabwe. Ici les corvées ne sont plus imposées, mais volontaires. Les exercices spirituels et les travaux manuels prennent le pas sur les études qui durent huit ans dont trois de philosophie après lesquels on prend la soutane, puis cinq ans de théologie avant d’être consacré prêtre. Kasa-Vubu sera chassé en troisième année après avoir terminé brillamment les examens de fin d’année. A la veille de Noël 1939, alors que tous les séminaristes se préparaient à prendre les vacances de fin d’année, le père recteur Kettel le fait venir : « Vous partez ce soir. Il est préférable que vous travailliez dans « le monde ». Votre évêque en a décidé ainsi. Préparez vos bagages ». La nouvelle se répandit et créa de la peine aux autres séminaristes. Kasa-Vubu en est « mortifié ». Il en gardera une blessure douloureuse toute sa vie. Son visage ne trahit pas sa souffrance atroce, il resta d’apparence calme. C’était cela aussi son caractère : ne pas montrer sa douleur. Pour expliquer ce renvoi, il y avait un côté de son esprit qui demeurait rebelle à tout enseignement des missionnaires au cours d’un entretien que Kasa-Vubu avait eu avec le père Auguste Severyns, son directeur spirituel. Le jeune homme avait poussé la franchise jusqu’à souligner la discordance entre l’attitude de certains missionnaires et l’enseignement évangélique. Le père demeura silencieux un long moment. Le rapport du père spirituel, associé au caractère rebelle du jeune homme, explique probablement ce renvoi.Un enseignant tenu à l’œilEn 1939, il n’était pas facile de se reclasser pour un jeune séminariste chassé pour indiscipline. Pire Kasa-Vubu n’avait jamais songé à un autre métier, tant il était sûr d’entrer dans les ordres. Après le grand séminaire, il fut renvoyé à son évêque Van den Hoven qui accepta, sans joie de l’employer comme commis aux écritures à la mission de Kangu. Après les heures de travail, le jeune Kasa-Vubu âgé de 26 ans suivait des cours de moniteur. Comme secrétaire à la mission, il devait surveiller les catéchumènes, les accompagner à l’église, y diriger les prières, écouter les palabres des paroissiens et faire rapport au père. Son salaire était minable, soit 80 francs par mois. Ayant sollicité l’amélioration, on la lui promet quand il sera devenu moniteur. A la veille de la Noël 1940, il reçoit son diplôme de moniteur en étant le premier. Il est nommé titulaire de la classe de sixième à l’école normale. Jusque-là, cette classe était confiée aux Frères des écoles chrétiennes qui avaient décidé de quitter Kangu suite à une divergence avec les Scheutistes sur des questions de salaire et de programme. Kasa-Vubu fut le premier noir à enseigner dans cette classe. Kasa-Vubu innove, il donne tous ses cours en français. Cela fait sensation. L’atmosphère lui semble hostile, il se sent toujours épié et surveillé. On a toujours une méfiance envers ce séminariste « renvoyé ». Il s’en plaint auprès de Mgr, qui s’exclame faussement ; « Nous avons confiance en vous ». Quand, après trois mois de patience, il repose la question du salaire, Monseigneur s’énerve carrément, et a ces propos quelque peu prophétiques : « Je ne veux pas créer ici de petit président ». C’est encore cet évêque qui avait décidé de son renvoi de Kabwe. Kasa-Vubu craque littéralement. Alors il lui adresse une lettre au vitriol, une lettre-vérité où il fait parler son cœur : « Quant à mes difficultés, je ne vous les dirai plus car ce sont des choses en l’air, des irréalités. J’ai rencontré les plus terribles, le mois passé et en ces jours touchant les conditions les plus nécessaires à la vie. Ce sont les petites difficultés devant vos yeux… je vois clairement maintenant pourquoi certains anciens séminaristes luttent indirectement contre les missions par le scandale public…. vous ne comprenez pas nos difficultés…parce que vous ne les avez pas vécues et vous pensez que tout le monde est dans les mêmes conditions de vie que vous… Nous travaillons pour le Bon Dieu, dites-vous ? Le Bon Dieu n’est pas un tyran, il donne à ses serviteurs les moyens de le servir… ». Il a tellement de projets, qu’après avoir travaillé un temps à la Société forestière et agricole du Mayumbe (Agrifor), il postule et obtient une place à l’administration centrale.Président de l’AbakoQuand à la possibilité d’exprimer les idées qui le tenaillent, il scrute une occasion, qui lui sera offerte par Jean Bolikango, celui qui devient son adversaire plus tard lors de l’élection présidentielle du 24 juin 1960, au parlement. Bolikango était président d’une multitude d’associations d’anciens élèves : Adapes, Assanef, Unelma…. En 1945, il crée l’Union des intérêts sociaux congolais (Unisco) pour combattre les discriminations raciales et l’amélioration des conditions des Congolais. Le président de l’Unisco, Eugène Kabamba qui travaillait aux finances et appréciait Kasa-Vubu l’intéresse au projet. Kasa-Vubu accepte et est vite adopté par Bolikango. Malheureusement, Kasa-Vubu n’occupe aucune fonction dans une des associations d’anciens élèves, ce qui était la condition. Alors Bolikango usa de son influence pour faire de Kasa-Vubu le secrétaire général de l’Adapes en 1946. Sa première allocution ici, intitulée « Le droit du premier occupant », revendiquait pour les Congolais la reconnaissance de leur droit sur le sol.Joseph Kasa-Vubu y développait l’idée que « le sol du Congo appartenait aux premiers occupants, c’est à dire aux Congolais, et qu’il devait par conséquent leur être rendu ». Un discours politique jugé « prématurément révolutionnaire », et qui était précurseur de la lutte pour l’indépendance. Ce discours, pour le moins, très osé fut très mal vu par l’administration. C’était une bombe, à l’époque. Les autres membres de l’Unisco s’en désolidarisèrent. Les mentalités n’étaient pas encore prêtes pour l’action de libération. Kasa-Vubu écrit dans plusieurs périodiques de l’époque. Cela fait déjà sa « renommée ». Mais il attend, il épie le moment où il pourra entreprendre une action publique, décisive et radicale « Le premier signe sera son élection à la présidence de l’Abako le 21 mars 1954. l’Abako fut créée en 1949 par Edmond Nzeza Nlandu pour unifier, conserver et perfectionner la langue kikongo ». Il tenait énormément à la survie du journal Kongo dia Ngunga dont les cotisations des membres servaient à la réalisation. Nzeza Nlandu était associé aux pères jésuites dans l’œuvre de l’Abako, surtout du journal en la personne du R.P. Van Wing. Cette présence ecclésiastique répugnait Kasa-Vubu au plus haut point. Ainsi, il n’en fut jamais membre sous la présidence de Nzeza Nlandu. Au lieu d’être unificateur, ce dernier eût des élans divisionnistes, en plus il n’organisa jamais l’Abako, se préoccupant beaucoup de renouveler le bureau. La réunion extraordinaire se tient le 21 mars 1954 au stade Reine Astrid (stade du 24 novembre). Kasa-Vubu y vient pour la première fois, il était assis au fond de la salle, mêlé à la foule. Nzeza Nlandu dépose sa démission pour se consacrer au journal. Kasa-Vubu est proposé à la présidence sous un tonnerre d’applaudissements. Lui-même ne s’y attendait pas. Ce choix avait deux explications : d’abord il existait à l’Abako une divergence entre les Bantandu, groupe de Nzeza Nlandu et les Bandibu groupe auquel appartenaient des membres influents du comité Abako, tels Pierre Canon et Simon Tezzo. Alors l’on fit appel à un Muyombe qui avait une forte personnalité et un grand caractère. Kasa-Vubu commença à donner à l’Abako des bases solides, d’en assurer une expansion numérique, d’en faire un puissant instrument politique. « La parution à Léopoldville, le 1er juillet 1956 du manifeste de Conscience africaine allait lui donner enfin la possibilité dont il rêvait depuis tant d’années, de réagir, et d’exprimer publiquement ses opinions.Un bourgmestre contestataireEn janvier 1956 sortit le plan Van Bilsen de décolonisation de 30 ans. Un cercle d’étude des intellectuels congolais autour de l’abbé Malula (ancien collègue de Kasa-Vubu à Mbata-Kiela et futur cardinal) comprenant Ileo, Ngalula, Ngwenza sortit le « Manifeste de la conscience africaine ». Ils appuyaient les idées de Van Bilsen. Ils étaient opposés aux partis politiques dont la caractéristique est la division, alors que les Congolais ont besoin d’union.L’Abako réagit immédiatement pour démontrer qu’il y a des partis politiques congolais bien implantés. Des commissions sont constituées pour étudier ce manifeste. Les résultats seront publiés le 23 août 1965 lors d’une Assemblée générale dans les locaux de la population noire (en face du terrain de basket du stade des Martyrs, chez Paulino) devant une foule immense. Ce sera le manifeste de l’Abako qui exige l’indépendance immédiate. « Le mot magique et tabou est lancé. Léopoldville qui est habité majoritairement des Bakongo, c’est l’enthousiasme et le délire. L’administration coloniale prend peur et panique, même cas pour certains groupes des missionnaires et quelques intellectuels congolais. Cette union sacrée contre-attaque en diabolisant Kasa-Vubu et l’Abako : ce sont des tribalistes, des séparatistes qui ne demandent l’indépendance que pour le Bas-Congo. Toute l’année 1957 fut meublée par un combat sourd et éprouvant de l’Abako et les fédérations ethniques du haut : des Mongo, des Bangala appuyés par l’administration coloniale ». Kasa-Vubu devient la bête noire, l’homme à abattre. Les Européens craignaient énormément le « roi Kasa » plus que tout autre leader congolais vu sa constance dans le rejet extrémiste de la colonisation et surtout le poids humain et la discipline de l’Abako à Léopoldville. Aux élections municipales du 8 décembre 1957, l’Abako remporte 130 sièges des conseillers sur 170, soit 78,2. Pour Kasa-Vubu, c’est un triomphe. Il deviendra bourgmestre de Dendale, l’actuelle commune de Kasa-Vubu. Le jour de son installation, le 20 avril 1958, une grande cérémonie est faite à l’actuel rond point Gambela devant une impressionnante foule et le premier bourgmestre belge, Tordeur. Le discours de Kasa-Vubu crache du venin sur la colonisation : la foule exulte, mais les Belges présents se lèvent et partent.Le nouveau bourgmestre refuse de hisser devant sa maison les couleurs belges, il ne veut pas que l’on puisse croire que ce drapeau ait quelque raison d’être planté au Congo. Seul le drapeau bleu à étoile d’or, le vieux drapeau de l’Etat indépendant du Congo trouve grâce à ses yeux.Premier président de la RépubliqueLes premières élections législatives organisées sur l’ensemble du territoire national en 1960 connaissent la victoire du Mnc/Lumumba sur l’Abako de Kasa-Vubu qui remporte, néanmoins, tous les sièges dans le Bas-Congo et trois sièges sur quatre à Léopoldville. Aucun parti n’ayant obtenu une victoire suffisante pour gouverner seul, deux principales coalitions politiques se forment, l’un autour du Mouvement National Congolais (Mnc/L), de Patrice Lumumba ; l’autre sous l’appellation Cartel d’Union Nationale, autour de Kasa-Vubu. Les deux coalitions représentées au parlement se partagent le pouvoir ; Lumumba forme le gouvernement en tant que premier premier ministre, et Kasa-Vubu devient le tout premier président de la jeune République. Quelques jours seulement après l’indépendance, le gouvernement est secoué par une mutinerie de la Force publique, l’armée belge intervient pour protéger le résidants belges restés au Congo, et soutenir la sécession (11 juillet 1960) de la province du Katanga sous Moise Tshombe. Kasa-Vubu et Lumumba font venir les Casques bleus des Nations Unies, qui ne parviendront pas à restaurer l’autorité de l’Etat. Il eu des folles rumeurs dans les médias occidentaux que Lumumba allait faire venir les troupes soviétiques pour restaurer l’autorité de l’Etat. Le 5 septembre, avec le soutient de la Force publique, Kasa-Vubu révoqua Lumumba qui, à son tour le révoqua aussi. En octobre, Mobutu fait son premier coup d’Etat militaire, avec l’appui tacite de Kasa-Vubu, en formant le gouvernement des commissaires généraux, et, plus tard, en négociant la nomination de Tshombe comme premier ministre en 1964. Mais le même Mobutu fera encore un deuxième coup d’Etat en reversant Kasa-Vubu, le 24 novembre 1965. Il est décédé, pauvre, le 24 mars 1969, en résidence surveillée à Boma. Le régime militaire, en place à l’époque, aurait refusé d’autoriser son évacuation pour des soins appropriés à l’étranger.Vie privéePeu connue du public, la vie privée du Président Kasa-Vubu n’offrait cependant rien de bien mystérieux : elle était tout entière marquée de discrétion et de simplicité, de discipline et de travail. Le Président était matinal, et se levait tous les jours à cinq heures, de manière à entendre les premières nouvelles. Il travaillait ensuite à son bureau de la résidance jusqu’à 7 heures. Les heures calmes et paisibles étant propices à la réflexion. C’est alors qu’il prenait la plupart de ses décisions, notamment en signant les textes et décrets soumis à sa signature et qu’il avait pu parcourir la veille. Ensuite, il prenait son petit déjeuner en famille et s’apprêtait à se rendre à Kalina (Gombe), où se trouvait son Cabinet (actuel ministère de l’Intérieur). Il y arrivait d’habitude vers 8 heures.Chaque matin avait lieu la réunion du Cabinet. Le président distribuait le travail et remettait à chacun, dûment annotés, les documents et les pièces qu’il s’agit de traiter. Aussitôt après, c’est le défilé des audiences : ambassadeurs, ministres, hommes politiques, personnalités de passage se succédaient, souvent jusqu’à midi, et parfois au-delà dans le bureau présidentiel. Rentré chez lui, le président prenait son dîner. Ensuite, quand le temps était favorable, il aimait se rendre avec son épouse, Hortense Kasa-Vubu N’goma Massunda, dans le parc pour s’y reposer à l’ombre des arbres.C’est l’après-midi que le président recevait solennellement les ambassadeurs qui venaient lui présenter leurs lettres de créance. Le reste de l’après-midi est consacré à la correspondance, à l’étude des dossiers, à la lecture de la revue de presse. Comme le disait avec humour le président : « Quand les enfants rentrent de l’école, ils commencent leurs devoirs, tandis que moi, je continue les miens ». Quand le travail ne le retenait pas jusqu’à une heure plus avancée de la nuit, le président se couchait vers 9 heures.Ses loisirs, le Président Kasa-Vubu les consacrait de préférence à travailler dans les champs qu’il possédait au-delà de N’djili. Il n’hésitait pas à mettre lui-même la main à l’ouvrage, et maniait tout aussi bien la machette que le sécateur. Les jours où ses enfants ont congé, il aimait à passer la soirée en famille, à regarder des films qu’il faisait projeter chez lui, ou, d’autres fois, la télévision. Hors de l’exercice de ses fonctions, le Président Kasa-Vubu circulait d’habitude dans une démocratique Volkswagen. Ses goûts sont simples. Il ne fumait pas, ne buvait d’alcool que rarement, les soirs de réception.Méthodique et infatigable, il n’a accepté de prendre quelques vacances que sur l’ordre formel de ses médecins, et il dira ce jour là : « C’est mon premier congé depuis 1955".Et il ajoute en riant : « A part bien entendu les deux mois qui ont suivi les événements du 4 janvier 1959 ». C’est un homme d’Etat qui appréhendait la dimension morale de la politique et refusait les compromissions dégradantes auxquelles le pouvoir conduit parfois ceux qui ne voient dans l’autorité qu’une occasion de puissance et d’enrichissement rapide.SOURCE : www.lepotentiel.com, www.kasa-vubu.info, sunset.ennis.ie et autres

mardi 24 mars 2009

Positive visite du pape en Afrique, dit l'évêque de la RDCongo

Luanda, – La première visite du Pape Benoît XVI en Afrique a été positive, car elle lui a permis de "découvrir les richesses et souffrances" de ce continent, a déclaré lundi, à Luanda, l'évêque du Diocèse de Boma, en République Démocratique du Congo (RDC), Mgr Cyprien Mbuka.

lundi 23 mars 2009

Padre Ugo à Kisantu

Diocese de Kisantu

40 ans apres la mort de Mbuta Khasa

Memorando des Akongo au Pape Jean-Paul 2 en 1992

 

Entregue ao

Santo Papa Joâo Paulo II

Emm Luanda, aos 07 de Junho de 1992

 

MEMORANDO

 

As terras do Kongo voltaram a ocupar o lugar de destaque a nível international como a quase séculos.  A visita do Papa Joâo Paulo II veio lembrar que foi a partir dessa parte do continente africano que a religiâo cristâ irradiou sobre a Africa Central e Austral pela primeira vez.

O santo padre pisou a muitas vezes histórica cidade de Mbanza-kongo, levando consigo a mensagem do amor cristâo, transmitida pelo Nosso Senhor Jesus Cristo.

Mas, os que ajudaram a doutrina cristâ conquistar as almas desta parte de Africa, aos akongo alguma vez tiveram a paz da alma?

Os akongo, ou os kikongos, como os outros chamam às populaçôes do norte de Angola, sâo os que mais sofreram os desmandos que a dita Repúplica Popular de Angola conheceu.

Experimentamos no íntimo de nosso ser as situaçôes mais humilhantes que um cidadâo possa atraverssar no seu próprio país.  De cidadâo nós tínhamos apenas o chamado “bilhete de identidade”. 

De facto, nós somos até agora cidadâo de categoria incerta.  Nâo pertencemos nem à primeira nem à nem à segunda faixada. Com efeito, um angolano de primeira, sente-se penetrado pela consciência tranquila de viver no seu país.

Nós os akongo,  fomos considerados como estrangeiros na nossa própria pátria.  Fomos tratados de “invasores”, etiqueta essa que continua a nos colar à pele até hoje.

Nós somos  “zairenses”,  nâo porque alguns de nós sâo oriundos da provincial do zaíre, mas por um nûmero bastante considerável dos akongo ter vivido o seu exílio na Republica vizinha do Zaire, onde se encontrava baseado, durante a guerra de libertaçâo nacional, o mais implacável adversário  politico do MPLA, a FRENTE NACIONAL DE LIBERTAÇÄO DE ANGOLA (FNLA).

Razôes políticas levaram os que se estableceram a cabeça depois de 11 de Novembro de 1975 a fazerem circular mentíras sobre os akongo.  Assim, tornamo-nos em”zairenses comem pessoa”.  Essas mentiras se enraizaram profundamente numa populaçâo, que sofria ainda de pouca educaçâo política de que os dirigentes pós-independência estavam conscientes.

Como no tempo colonial éramois chamados de “Congo-angolanos”, no intuito de nos separar de outros angolanos, os novos mestres que se tinham apoderado do poder ilegamente e que pretendiam unir Angola com o falso slogan “De Cabinda ao Cunene, um só povo, uma só naçâo”, alcunhavam-nos de “zairenses”.

Durante dezasseis anos os akongo foram atirados para o mais baixo do escalâo social.

Nós éramos e continuamos a ser mais estrangeiros na nossa terra-mâe do que os cabo-verdianos,  os santomenses,  sem falar dos portugueses e dos oriundos da comunidade comunista da antiga europa do leste,  que pululam ao redor da vaca leiteira angolana.

Nâo é de espantar entâo, que países como a França e a Alemanha Federal – que outra nâo conheceram refugiados angolanos – estejam cheios hoje de akongo.  Muitos sequiram para estes países,  sobretudo para o primeiro nos primórdios da independência – referimo-nos particularmente aos do chamado “prédio Universitário” em Luanda – muito antes das famosas “rusgas” para as FAPLA (Forças armadas do governo do MPLA). Os sobreviventes que têm nervos de aço é que ficaram aqui.

Esta discriminaçao estendeu-se locais de trabalho.

Boatos diversos foram cínica e hâbilmente fomentados para contester os akongo que eram portadores de qualquer competência.   Denegriu-se os diplomas vindos da Republica do Zaire – onde os akongo foram buscar um saber que o regime colonial português lhes recusava.  Falou-se em diplomas comprados – nâo se sabia bem em que praça! – de fraco nível de ensino, de formaçao capitalista, etc.

A verdade porém era essa: o afastamento puro e simples dos akongo dos lugares de chefia.  Pois, mesmo os nossos conterrâneos que aqui estudaram ou que saíam das escolas dos país socialistas,  amigos do partido no poder, sofreram o mesmo tratamento de desconfiança,  porque apesar de militants de primeiro hora do MPLA, nâo passavam de “zairenses”.

Isso nâo aconteceu apenas aos portadores de diplomas de faculdades ou outras escolas secundârias, mas também aos homens de oficios, tais como mecânicos, marceneiros, electricistas, etc.

Em todos os ramos de actividade desconfia-se dos akongo que nâo eram senâo “inimigos infiltrados”, de “sabotadores camuflados”, de “reaccionários”.   Sim, todo ñkongo era “espiâo dos países capitalistas, sobretudo da CIA do Estados Unidos da América”.

Além de sermos tratados de potenciais sabotadores, éramos os vencidos.  Os akongo, todos, tantos as que ficaram no país como as que saíram,  tantos os que pertenceram à FNLA como os demais outros,  eram considerados como membros deste movimento de libertaçâo afastado do processo politico de 1975 em circumstancias que nâo interessam referir aqui.

Porque os akongo eram vencidos, deviam ser tratados como tal, como dizia a chefe gaulês: “Vae victis”.  Devíamos sofrer todas a humilhaçôes.

A nossa cultura foi totalmente ignorada.  Ter cultura é existir.  Os akongos nâo deve ter cultura _ou pelo menos à ela nâo pode referir no quadro angolano _porque eram supostos nâo existir.  Os nossos nomes foram e sâo ainda considerados de “estrangeiros”, além de serem deliberadamente alterados.  Nas conservatórias é perciso horas de discussâo _para os “teimosos” _ papa a criança levar o nome kikongo. Obrigam-nos a dar à nossa progenitura, nomes de baptismo como nomes de família, recorrendo à uma astúcia herdada do colonialismo português.

Do mesmo modo, as nossas tradiçôes sâo espezinhadas.  Prova disso é por exemplo o desconhecimento do casamento costumeiro_longo_ dos akongo.  Esses casamentos, quando concluídos for a de Angola, foram reconhecidos pelas autoridades civis locais. Ora na República Popular de Angola, tais casamentos sâo pura  e simplesmente ignorados,  e aqueles que os concluiram sâo considerados como “solteiros”,  apesar dos documentos comprovativos das autoridades que celebram esses casamentos.

Os nossos filhos choram para convincer a mâe, que vai à sua escola, de nâo meter panos, receando que ela desvende a sua origem “zairense”.  Ora os panos sâo o traje da gente de norte.

Esta afastamento nâo só afectou o aspecto exterior do ñkongo _como o traje _mas também um dos aspectos mais profundos do homem ñkongo.  É o caso da língua.

O Kikongo é considerado em todos os meios da vida nacional como uma “língua reaccionária”, porque é falada por um povo reaccionário e estrangeiro.

Das três línguas principais de Angola, o kikongo é aquela que continua a ter o estatuto de “lingua de câo”.

Toda a acçâo conscientemente negativa em relaçâo aos akongo levada a cabo durante dezasseis anos pelas instâncias dirigentes da RPA produziu os efeitos _nefastos_ que dela se esperava.

Muitas personalidades ñkongo do MPLA recusam falar a sua lingual maternal, por ficarem no mesmo diapasâo que os colegas. Os nossos filhos nâo gostam que lhes falem em kikongo na presence dos amigos. Alguns adultos ñkongo, sobretudo nos locais de trbalho, para esconder a sua origem kongo, como se ser ñkongo é uma vergonhosa praga.

Tudo indica que, o que os descendentes de Paulo Dias de Novais nâo conseguiram alcansar na zona dos akongo durante cinco séculos _o genocídio cultural _ outros o queriam realizar em dezasseis anos.

 

A história do povo kongo sobre manipulaçâo e distorçâo.  

Insite-se demoradamente na sua origem nortense como se as outras etnias angolanas sempre viveram cá e como se vir do norte torna os akongo menos angolanos.

Os akongo sâo apresentados como os que menos contribuiram pela luta contra o colonialismo português.

Pelo contrário, sâo aqueles que fizeram entrar o lobo no redil.   As lutas de resistência de Mpangu a Dukeni, Mbula a Matadi nos séculos passados sâo tidos como factos menores, e o contributo de Mpudi a Nzinga contra o invasor lusitano a nível nacional é complementamente esquecido. Buta wa Tulante e Mbianda Ngunga que no início deste século oposeram-se ao colonialismo no país kongo nunca mereceram mençôes na memória do “povo angolano”.

Com efeito, quantas ruas, quantas praças, levam um nome de monarca ou de ilustre personalidade kongo? A sublevaçâo que deu origem ao início da luta armada contra a dominaçâo salazarista na area Kongo em Março de 1961 é considerada como um “massacre racista”,  em comparaçâo com o limpo e fraterno “4 de fevereiro” de Luanda,  no qual se tem mantido cuidadosamente  escondido até  recentemente o decisivo papel que os akongo nele jogaram.

Tudo isso na vâ tentative de dar aos akongo a imagem dos que menos contribuiram pela libertaçâo nacional, enquanto que até o colonialismo português reconhece, contra a sua vontade, as baixas que o povo ñkongo lhe infligiu.

Talvez seria bom lembrar que entre os akongo nunca houve “ambaquistas”.

Os akongo nâo compreendem que, fornecendo ao país riquezas sem as quais a existência da chamada República Popular de Angola periclitaris, continuem a viver na miséria.  Eles pensam que chegou o momento de colocar as coisas no seu devido lugar.

O petróleo manteve este país em vida apesar da quase faléncia a que corria: sem este “OURO NEGRO” nâo se falaria tanto no “future promissory de Angola”.   O café fez de Angola um país em que a gente acreditava.  Nâo fosse o esbanjamento do dito governo da R.P.A., Angola ocuparia sempre um dos lugares cimeiros que foi seu (quarto produtor mundial).

Também foi o café, hoje é o petróleo, que fizeram este país andar. Ambos sâo produtos – graças a Deus – da terra kongo.

E que proveito tiraram os akongo destas riquezas?  Nada que nâo fosse o desprezo, ódio, humilhaçâo, miséria social.

Com efeito, actualmente as estradas que levam para o norte do país sâo as piores.  Para se deslocar de Luanda para Mbanza-kongo, por exemplo, é preciso duas semanas.  Ora, a cidade está apenas a umas centenas de kilómetros da capital do país.  A ponte partida durante a Guerra civil, nunca foi contemplada em qualquer plano de reconstruçâo nacional.

Se é verdade que o petróleo circula por pipe-lines e barcos, o que é se fer para se pôr em boas condiçôes as vias terrestres de escoamento de café?

Faltam planos para construir infraestrutures que possam criar condiçôes para o estabelecimento da populaçâo da área na sua terra natal.

As riquezas do norte servem para enriquecer outros.  Os akongo sâo obrigados a irem trabalhar for a da sua zona de origem onde sâo hostilizados, onde a propaganda negative levada a cabo contra eles durante os dezasseis anos do governo actual apresenta-os como estrangeiros, roubando o pâo dos nativos.

Será que com o petróleo nâo se pode criar pólos de desenvolvemento na zona, que possam dar trabalho aos oriundos?  Outras estruturas, como o desenvolvimento das indústrias extractive (cobre) e alimentar podem ser reactivadas e instaladas, como se faz noutras zonas do país, para ocupar a populaçâo.  Mas nada disso aconteceu nas areas kongo!

As nossas riquezas sâo para os outros comprarem quintas de milhôes de dólares em Portugal, mansôes luxuosas na Suécia ou nos Estados Unidos, ou para mandar os seus filhos estudarem nas melhores escolas europeias, enquanto que os nossos filhos nâo tem nem salas de aulas, nem carteiras, nada que os possam dignificar amanhâ, ganhando a vida com um emprego honesto aprendido na escola.

Os nossos país, as nossas mâes, os nossos sobrinhos, os nossos avôs sâo condenados a recorrer ás ervas das nossas matas para se curarem das doenças,  que a falta de hospitais, equipamentos médicos,  de medicos e enfermeiros agravaria até as últimas consequências.

A doença do sono está a provocar hecatombe no norte do país.  O que está a fazer o governo para acabar com o flagelo?

Até os orgâos estatizados da comunicaçâo social já nâo dâo notícia do mal, como se este tivesse desaparecido.    Mas os relatos dos que lá veem dizem o contrário.

A seca nas outras areas do país preocupa desmedidamente o executive angolano….  Ca akongo?  Eles podem morrer sâo estrangeiros.

Os akongo nâo compreendem que neste xxº século em que se proclama todos os dias a Declaraçâo Universal dos Direitos Humanos – segundo a qual todos os homens sâo iguais – eles sejam tratados na sua própria terra como seres inferiores.

A mensagem evangélica que o Supremo Pontífica vem confirmer com a sua visita á Angola, insiste na igualdade e no amor entre todos oa seres humanos criaturas de Deus.

Forque entâo os originários do norte sâo excluídos desse círculo de igualdade e deamor para um inferno de ódio e desigualdade?

Os akongo depois de terem tanto meditado e reflectido sobre a situaçâo em que se encontram, com tudo aquilo que foi exposto nas linhas anteriores, chegaram á conclusâo de que apenas a criaçâo de uma entidade territorial autónoma, for a das da autoridade da chamada Republica Popular de Angola, pode resolver os insolúveis problemas que a eles se colocam dentro desta estrutura administrative.

Com efeito, a constituiçâo Portuguesa de 1956 reconhece as “colónias de Angola e do kongo”, fazendo desta uma entidade separada da primeira que conheceu uma colonizaçâo ao longo de quinhentos anos e que desenvolveu consequentemente, estruturas sociais e politícas estranhas ás populaçôes do norte.

Os akongo também nunca obedeceram, desde os tempos mais remotes, a qualquer NGOLA.  Estiveram sim, sempre sob o reinado Ntotela.  Hoje, procura-se apagar o papel de resistência do povo ñkongo contra o colonialismo português,  esquecendo-se que Dias de Novais estabelecera-se nas terras quimbumdas, nâo por serem ricas, mas sim de fácil penetraçâo.

Neste tempos em que os fitícios limites territoriais fixados por interesses caducos de ontem se desfazem da ex-URSS,  Somália, Jusgolávia e Etiópia,  os akongo vêm reiteirara sua decisâo de desintegrar as terras kongo da actual Angola,  cujas fronteiras foram fixadas por interesses coloniais portugueses e nâo africanos.

O que têm eles a haver com um país que os considera estrangeiros?

Também aproveitamos a oportunidade para rejeitar a oportunista manobra de última hora e eleitorista das instâncias do ontem comunista MPLA de rebaptisar Mbanza-kongo em Sâo Salvador. A capital do Reino do kongo conservará a sua traditional designaçâo genuína.

Esta tomada de posiçâo nâo afecta o fervor da fé cristâ que anima o povo dessa cidade em particular e de todo ñkongo em geral. Como aliás, o regresso à apelidaçâo colonial nâo fará um milagre de fé.

 

Luanda, 06 de Junho de 1992

 

Os akongo

 

 

Obs: Este memorando foi entregue ao Santo Papa Joâo Paulo II pela Comunidade kikongo em Luanda a 07 de Junho de 1992

 

 

 

 

 

 

(TRADUCTION FRANÇAISE)

 

 

MEMORANDUM

DE LA COMMUNAUTE KIKONGO-PHONE

A LUANDA

  

Rémis au

Saint Père, Jean Paul II

Fait à Luanda, le 7 juin 1992.

Devoir de mémoire au quarantième anniversaire de la mort du premier Président de la République Joseph Kasa-Vubu !
Kinshasa, 23/03/2009 / Politique
Commémoration ce mardi 24 mars du quarantième anniversaire de la mort du premier Président de la République démocratique du Congo, feu président Joseph Kasa-Vubu, l’une des plus marquantes et premières figures de la lutte de l’indépendance du pays

AfricaLog: Parlez-nous de votre parcours.

Rhode Bath-Schéba Makoumbou: Depuis ma tendre enfance, j’ai été initiée à la peinture par mon père, le peintre David Makoumbou. Je me suis réellement engagée dans l’art à partir de 1989 et j’ai commencé à participer à des expositions à Brazzaville en 2000.

Les années 2003-2004 ont marqué une importante étape dans ma carrière artistique dans le fait que j’ai commencé à exposer à l’étranger (Gabon, France et Belgique). Depuis cette période, le rythme c’est fortement accéléré. Je suis maintenant à 103 participations à des expositions collectives ou individuelles à travers le monde. Pour réussir cela, j’ai eu la chance de rencontrer mon manager belge Marc Somville qui m’a beaucoup aidé dans toutes les tâches techniques et administratives (promotion, relation publique, conception et montage des expositions, création d’un site web). De mon côté, j’ai vraiment pu totalement me concentrer sur la création artistique.

Après ce parcours international très intéressant, je vais maintenant être un peu plus présente au Congo où j’ai de nombreux projets.


AfricaLog: Pourquoi le choix du thème "Afrique-Art témoin" pour votre exposition à Paris?

Rhode Bath-Schéba Makoumbou: Je suis une artiste qui désire toujours être en prise directe avec la réalité de ce que vivent les gens. Je ne suis pas quelqu’un qui reste dans sa « tour d’ivoire ». Je m’inspire pour cela surtout du travail quotidien des populations, principalement celui des femmes, que j’essaye de transposer sur la toile ou dans la sculpture d’une manière esthétique assez réaliste et visible. (suite)

Présentation de la maquette du sanctuaire de Notre Dame de Muxima



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Luanda– Une maquette pour la Basilique de Notre Dame de Muxima aété présentée vendredi dernier, au Pape Benoît XVI, dans une cérémonieréalisée au hall principal du Palais Présidentiel.

LeChef de l'Etat, José Eduardo dos Santos, ainsi que des membres duGouvernement et du Cortège Papal ont été présents à la cérémonie.

La date probable du démarrage ni des coûts de ces travaux n'ont pas été révélés.

La Basilique sera érigée devant l'ancienne chapelle érigée en 1645, en mémoire de Notre Dame de Conceição.

La conception architectonique de la Basilique obéit aux principesconceptuels de la géométrie du sacré qui projette deux formes(carré/terre et cercle/ciel), sur la base de la symbologie chrétienne.

L'Eglise Catholique de Notre Dame de Muxima se trouve à Muxima, dans la province de Bengo, à 130 km de Luanda, capitale de l'Angola.

En langue kimbundo, le mot "Muxima" signifie coeur, attribué à ce localsuite à sa localisation au centre de la province, à la rive du fleuve kwanza.

La fête en hommage à Notre Dame de Muxima seréalise d'habitude en septembre depuis 1833. Pour son importance etsignification historique, l'Eglise de Notre Dame de Muxima a étéconsidérée comme monument national en 1924.

Depuis1645, ou avant, annuellement, des milliers de pèlerins s'y rendent pourparler de leurs préoccupations, angoisses et désirs.

L'image de Notre Dame de Muxima est la plus grande dévotion populaire en Angola et réunit mème des personnes qui ne confessent pas lareligion Catholique, ayant enregistré en 2008, 150 mille pèlerins.

Après 5 ans des recherches Imprimer E-mail

Mercredi 18 mars 2009

La chikwangue améliorée enfin présentée officiellement au public

Samedi dernier, la communauté de Kimpese et des environs a été conviée à prendre part à la cérémonie de présentation de la chikwangue améliorée. Et le nouvel auditorium de l'institut supérieur des techniques appliquées en chimie alimentaire " ISTACHA " en a servi de cadre.

En effet, c'est à une double cérémonie de présentation et de défense d'un travail de recherche, d'un travail de fin de cycle devant un jury composé des professeurs d'université, des éminents hommes de science et d'un public très attentif aux recherches et réalisations du Rév.- père Charles Kusika Nzau et toute son équipe qu'on a eu à assister ce jour-là.

La chikwangue améliorée : la problématique de la recherche

Depuis sa création en 2004, l' ISTACHA s'est fixé un seul objectif ; celui d'assurer la sécurité et la salubrité alimentaire à la population du Bas - Congo et aussi à celle de la ville province de Kinshasa. Pour y parvenir, le développement de l'agriculture et de l'élevage resterait le fondement de l'action amorcée. Ainsi faudrait - il penser à la valorisation des produits locaux pour encourager les agriculteurs et les éleveurs dans leur travail.

De ce fait, la transformation et la conservation agroalimentaire devraient constituer le moyen le plus efficace d'apporter une plus value dans de travail des productions. C'est aussi de cette façon qu'on pouvait penser à vendre certains produits congolais à l'étranger en respectant les normes internationales d'hygiène alimentaire.

A l'ISTACHA, la première phase de cette approche a été constituée par une étude sur la transformation de différentes farines à base des tubercules avec un accent particulier sur le manioc.

Voici cinq ans au terme desquels les recherches sur la chikwangue améliorée arrivent à des aboutissements heureux. Il faut dire que la chikwangue dont le mode traditionnel de préparation demeure jusqu'à ce jour l'apanage des seules femmes paysannes ne peut être vendue ou consommée dans certains milieux de classe (hôtels, restaurants, avions,...) à cause de sa présentation et sa préparation en dehors des normes d'hygiène internationalement reconnues (HCCP). Déjà, la demande locale ne peut-être satisfaite eu égard à la faible quantité et au manque des techniques de conservation.

Contribution à l'industrie biotechnique du manioc.

Après avoir démontré à plusieurs reprises et de diverses manières que le manioc est l'aliment de base de toute la province du Bas - Congo et de la ville de Kinshasa, étant compris la nécessité d'assurer la salubrité et la sécurité alimentaire, l'homme de Dieu arrive à l'amélioration de l'usinage.

De l'usinage traditionnel au moderne

Partant des méthodes traditionnelles de préparation, le chercheur apporte des améliorations à toutes les étapes :

* le manioc est nettoyé dès qu'il est récolté : donc avant d'être épluché,

* épluché, il est nettoyé avant le trempage dans le bac de rouissage.. (Bac de rouissage en lieu et place d'un marécage boué).

* Une 3 é opération de nettoyage après le retrait du bac ;

* Toutes les autres étapes avant et après le " kimpuka " (patte obtenue à base d'amidon du manioc) se passent dans un atelier où les conditions hygiéniques sont réunies ;

* L'homogénéisation de la patte s'effectue dans un pétrin mécanique. L'opération se fait ainsi plus correctement

* Apres la mise en forme (mécanique) ; la cuisson se fait à une température de pasteurisation (modérée et constante) ne dépassant pas 80°c. La chikwangue améliorée est emballée dans un sachet alimentaire.

Les avantages dans la production

On ne le dira pas assez, en améliorant les méthodes de travail, on arrive à un résultat meilleur du point de vue qualité et quantité. Du point de vue de la quantité, l'amélioration de l'usinage apporte un soulagement à la femme appelée à subir une corvée avant d'offrir le produit au consommateur. En peu de temps on peut produire des centaines de chikwangues. Alors que la maman avec ses méthodes traditionnelles met plus d'une semaine pour offrir quelques 50 chikwangues de 200 grammes au consommateur .A ce propos, signalons que l'ISTACHA fournit hebdomadairement 1000 chikwangues à l'internat du lycée LUILA et autant aux Kinois. Du point de vue qualité, il est démontrable que notre chikwangue préparée à même le sol (par cette maman revenue du champs et qui doit au même moment s'occuper soit de son bébé soit d'autres travaux domestiques) ne peut être le résultat d'un travail fait dans les conditions hygiéniques requises. Car pour la maman seule la chikwangue a de l'importance. Les normes HCCP dont doit tenir compte notre nouveau producteur sont une magie noire pour elle.

En focalisant ses recherches sur la transformation et la conservation des produits alimentaires locaux, le Rev. Père répond à un besoin socio-économique et culturel (nutritionnel).Dès le départ, il s'est rendu compte que dans le domaine de la transformation agroalimentaire notre pays regorge d'importantes forces qui sont la production (végétale et animale) et l'existence d'un marché de consommation. Ce sont donc des atouts à côté desquels se remarque malheureusement des faiblesses : les structures en majorité artisanales.

Impact culturel et nutritionnel du manioc

Il est bien vrai que des chercheurs ne trouvent pas, jusqu'à ce jour, un terrain d'entente sur l'origine du manioc. Toutefois déterminer cette origine n'est pas la question. Mais l'important est de préciser que le manioc constitue actuellement l'aliment de beaucoup d'Africains. Qu'Européens et Asiatiques ne s'adonnent pas à des recherches sur la transformation du manioc, cela est assez compréhensible.

Cependant il ne sera pas pardonné aux Africains de se contenter de consommer le manioc comme par le passé. Jusqu'à ce jour la chikwangue est préparée exclusivement par les paysannes. Il est donc nécessaire que l'on encourage les premiers travaux de recherche sur la transformation et la conservation à l'ISTACHA.

En travaillant sur le manioc, le Révérend Père Charles répond à un point de vue culturel : " D'aucuns pensent que les Africains sont incapables de faire des recherches en vue d'améliorer leur alimentation. Ainsi un effort est fait dans le sens à détourner l'Africain de ses éléments culturels de base dont l'alimentation. Pour y parvenir, plusieurs stratégies sont mises en œuvre. A l'internat, il n'est pas rare de trouver des titres tels que : " Le manioc est un aliment contenant du poison (acide cyanhydrique) ; le manioc n'est pas d'origine africaine ; le manioc est peu nutritif. " Néanmoins la résistance aux maladies, l'endurance et la longévité de nos ancêtres n'en constitue pas moins une réponse aux détracteurs de ce tubercule.

Sur le plan nutritionnel, il convient de rappeler qu'une alimentation complète se compose d'éléments énergétiques (calories), de protection (vitamines) et de construction (protéines). Il se fait que l'homme pour se maintenir, a plus besoin des énergies que d'autres choses. De surcroît, le manioc avec 84 % de glucide et 342 calories par 100grs, se trouve parmi les aliments les plus riches en énergie.

De ce fait, il importe donc que des études plus approfondies soient menées sur la transformation et la conservation du manioc. C'est ici qu'il convient de soutenir le fait que les recherches sur la chikwangue améliorée auront le sacre de bénir le travail de nombreux producteurs. "

Néanmoins en dépit des avancées significatives des recherches entreprises sur la chikwangue améliorée, sur le plan scientifique beaucoup reste à faire. Dans son travail, il a été recommandé au Rév. Père d'utiliser des termes scientifiques pour designer en l'occurrence les feuilles d'emballages et les ustensiles utilisés dans le modèle traditionnel de préparation ainsi que des étapes de fabrication comme le " Kimpuka ". De même l'auguste assemblée a souhaité le numérotage des lots ainsi que les dates de fabrication et d'expiration sur les emballages des produits ISTACHA.

Dans l'une de nos précédentes livraisons, nous n'avons pas cru dire mieux lorsque nous titrions : " Le CIVA de Kimpese, une bénédiction pour le Bas- Congo, une grâce pour le Congo "

Tout en signalant que le CIVA (centre d'information et de vulgarisation agroalimentaire) est le parrain de l'ISTACHA, aujourd'hui les réalisations de deux institutions sont au-delà de tout ce que l'on pouvait imaginé, il y a 5 ans. A ce jour, une gamme d'une vingtaine de produits locaux sont transformés et conservés avec des techniques modernes. Et la chikwangue améliorée, puisqu'il faut parler d'elle, peut se conserver jusqu 'à 6 mois.

Aux industriels et aux décideurs de saisir le taureau par les cornes. L'industrialisation et la commercialisation ne sont plus l'apanage du seul Père Charles. A chacun son rôle.

Josué Lufulu lua Kanda

dimanche 22 mars 2009

Homélie de Benoît XVI, messe célébrée sur l'esplanade de Cimangola à LuandaI

Le 22 mars 2009  - Eucharistie Sacrement de la Miséricorde - C'est depuis la place Cimangola de Luanda que le pape Benoît XVI a célébré la Sainte Messe en ce IVe dimanche de Carême, entouré des évêques de l’I.M.B.I.S.A.(Interregional Meeting of Bishops of Southern Africa).

Benoit XVI en présence de plus d'un million de personnes : "Je suis venu en Afrique pour annoncer ce message de pardon, d’espérance dans le Christ"

Messieurs les Cardinaux,
Chers Frères dans l’Épiscopat et dans le sacerdoce,
Chers Frères et Sœurs dans le Christ,

« Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils unique : ainsi tout homme qui croit en lui ne périra pas, mais il obtiendra la vie éternelle » (Jn 3, 16). Ces paroles nous comblent de joie et d’espérance, nous qui attendons l’accomplissement des promesses de Dieu. C’est pour moi, en tant que Successeur de l’Apôtre Pierre, un motif de joie particulier de pouvoir célébrer aujourd’hui cette Messe avec vous, Frères et Sœurs venus des différentes régions de l’Angola, de São Tomé e Principe et de bien d’autres pays. Avec une grande affection, je salue dans le Seigneur les communautés catholiques de Luanda, Bengo, Cabinda, Benguela, Huambo, Huíla, Cuando Kubango, Kunene, Kwanza Norte, Kwanza Sul, Lunda Norte, Lunda Sul, Malanje, Namibe, Moxico, Uíge e Zaire.

Je salue d’une manière toute particulière mes Frères Évêques, les membres de l’Association interrégionale des Évêques de l’Afrique australe réunis autour de cet autel du Sacrifice du Seigneur. Je remercie le Président de la CEAST, Monseigneur Damião Franklin, pour ses aimables paroles de bienvenue, et en la personne de leurs Pasteurs, je salue tous les fidèles du Botswana, du Lesotho, du Mozambique, de Namibie, de l’Afrique du Sud, du Swaziland et du Zimbabwe.

La première lecture de ce jour résonne de manière particulière pour le Peuple de Dieu en Angola. C’est un message d’espérance adressé au Peuple élu dans son lointain exil, une invitation à retourner à Jérusalem pour y reconstruire le Temple du Seigneur. La description saisissante de la destruction et de la ruine causée par la guerre trouve un écho dans l’expérience personnelle de nombreuses de personnes de ce payslors des terribles dévastations de la guerre civile. Qu’il est vrai de dire que la guerre peut détruire tout ce qui est précieux (cf. 2 Ch 36, 19) : des familles, des communautés entières, le fruit du travail des hommes, les espoirs qui guident et soutiennent leurs vies et leur travail ! Une telle expérience est malheureusement trop familière à l’Afrique tout entière : le pouvoir destructeur de la guerre civile, la chute vertigineuse dans le tourbillon de la haine et de la vengeance, le gaspillage des efforts de générations de personnes honnêtes. Lorsque la Parole de Dieu n’est plus écoutée – Parole qui a pour objectif de construire les personnes, les communautés et la famille humaine tout entière – et quand la Loi de Dieu est tournée en dérision et méprisée (cf. ibid., 16), il ne peut en résulter que destruction et injustice : l’humiliation de notre humanité commune et la trahison de notre vocation à être fils et filles du Père miséricordieux, frères et sœurs de son Fils bien-aimé.

Recueillons donc le réconfort qui nous vient des paroles de consolation que nous avons entendues dans la première lecture ! L’appel à faire retour et à reconstruire le Temple de Dieu a un sens particulier pour chacun de nous. Saint Paul, dont nous célébrons cette année le bimillénaire de la naissance, nous dit que « nous sommes le temple du Dieu vivant » (2 Co 6, 16). Comme nous le savons, Dieu demeure dans les cœurs de ceux qui mettent leur foi dans le Christ, qui sont « renés » par le Baptême et qui deviennent temple de l’Esprit Saint. Aujourd’hui encore, dans l’unité du Corps du Christ qui est l'Église, Dieu nous appelle à reconnaître la puissance de sa présence en nous, à faire nôtre de nouveau le don de son amour et de son pardon, et à devenir messagers de cet amour miséricordieux au sein de nos familles et de nos communautés, à l’école et sur nos lieux de travail, dans tous les secteurs de la vie sociale et politique. 

Ici en Angola, ce dimanche a été désigné comme la journée de prière et de pénitence pour la réconciliation nationale. L’Évangile nous enseigne que la réconciliation – une réconciliation vraie – ne peut être que le fruit d’une conversion, d’un changement du cœur, d’une nouvelle façon de penser. Il nous enseigne que seul le pouvoir de l’amour de Dieu peut changer nos cœurs et nous rendre plus forts que la puissance du péché et de la division. Quand nous étions « morts par suite de nos fautes » (cf. Ep 2, 5), son amour et sa miséricorde nous ont offert la réconciliation et la vie nouvelle dans le Christ. C’est là le cœur de l’enseignement de l’Apôtre Paul, et il est important de nous souvenir que seule la grâce de Dieu peut créer en nous un cœur nouveau ! Seul son amour peut changer notre « cœur de pierre » (Ez 11, 19) et nous rendre capable de construire plutôt que de démolir. Seul Dieu peut faire toutes choses nouvelles !

Je suis venu en Afrique précisément pour annoncer ce message de pardon, d’espérance et d’une vie nouvelle dans le Christ. Il y a trois jours, à Yaoundé, j’ai eu la joie de rendre publique l’Instrumentum Laborisde la Deuxième Assemblée Spéciale pour l’Afrique du Synode des Évêques, qui sera consacrée au thème : L’Église en Afrique au service de la réconciliation, de la justice et de la paix. Je vous demande aujourd’hui de prier, en union avec nos frères et sœurs de toute l’Afrique, pour cette intention : que chaque chrétien, sur ce grand continent, expérimente l’action recréatrice de l’amour miséricordieux de Dieu et que l’Église en Afrique devienne « pour tous le lieu d’une authentique réconciliation, grâce au témoignage rendu par ses fils et ses filles » (Ecclesia in Africa, n. 79)

Chers amis, tel est le message que le Pape vous apporte ainsi qu’à vos enfants. De l’Esprit Saint, vous avez reçu la force d’être les bâtisseurs d’un avenir meilleur pour votre pays bien-aimé. Dans le Baptême, l’Esprit vous a été donné pour être les hérauts du Royaume de Dieu, règne de vie et de vérité, de grâce et de sainteté, de justice, d’amour et de paix (cf. Missel Romain, Préface du Christ Roi de l’univers). Au jour de votre Baptême, vous avez reçu la lumière du Christ. Soyez fidèles à ce don, certains que l’Évangile peut affermir, purifier et ennoblir les profondes valeurs humaines présentes dans votre culture d’origine et dans vos traditions : l’unité de la famille, le profond sens religieux, la célébration joyeuse du don de la vie, la considération pour la sagesse des anciens et pour les aspirations de la jeunesse. Enfin, soyez reconnaissants pour la lumière du Christ ! Manifestez de la gratitude envers ceux qui vous l’ont apportée : des générations et des générations de missionnaires qui ont tant contribué et qui continuent de contribuer au développement humain et spirituel de ce Pays. Soyez reconnaissants pour le témoignage de tant de parents et d’enseignants chrétiens, de catéchistes, de prêtres, de religieuses et de religieux, qui ont sacrifié leur vie pour vous transmettre ce trésor précieux ! Affrontez le défi que ce patrimoine vous impose. Prenez conscience que l’Église, en Angola et partout en Afrique, a le devoir d’être, devant le monde, un signe de cette unité à laquelle l’humanité entière est appelée par la foi au Christ rédempteur.

Dans l’Évangile d’aujourd’hui, les paroles que Jésus énonce ne laissent pas indifférent : il nous dit que le jugement de Dieu sur le monde a déjà été prononcé (cf. Jn 3, 19ss). La lumière est déjà venue dans le monde. Mais les hommes ont préféré les ténèbres à la lumière, parce que leurs œuvres étaient mauvaises. Combien sont épaisses les ténèbres en de nombreuses régions du monde ! De façon tragique, les sombres nuages du mal ont aussi assombri l’Afrique, y compris cette nation bien-aimée, l’Angola. Nous pensons au fléau de la guerre, aux conséquences cruelles du tribalisme et des rivalités ethniques, à la cupidité qui corrompt le cœur de l’homme, réduit en esclavage les pauvres et prive les générations futures des ressources dont elles auront besoin pour créer une société plus solidaire et plus juste – une société vraiment et authentiquement africaine dans son génie et dans ses valeurs. Et que dire de l’égoïsme insidieux qui fait se replier les individus sur eux-mêmes, divise les familles et, supplantant les grands idéaux de générosité et de dévouement, conduit inévitablement à l’hédonisme, à la fuite vers de faux paradis à travers l’usage de la drogue, à l’irresponsabilité sexuelle, à l’affaiblissement du lien matrimonial, à la destruction des familles et à l’élimination de vies humaines innocentes par l’avortement.

Cependant, la parole de Dieu est une parole d’espérance sans limite. En effet, « Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils unique… pour que, par lui, le monde soit sauvé » (Jn 3, 16-17). Dieu ne nous donne jamais pour perdus ! Il continue de nous inviter à lever les yeux vers un avenir d’espérance et il nous promet la force pour le concrétiser. Comme le dit saint Paul dans la deuxième lecture d’aujourd’hui, Dieu nous a créés dans le Christ Jésus pour mener une vie juste, pour que nos actes soient vraiment bons, conformes à la voie que Dieu a tracée pour nous (cf. Ep 2, 10). Il nous a donnés ses commandements, non comme un fardeau, mais comme une source de liberté : la liberté de devenir des femmes et de hommes pleins de sagesse, des maîtres de justice et de paix, des gens qui ont confiance dans les autres et qui recherchent leur véritable bien. Dieu nous a créés pour vivre dans la lumière et pour être lumière pour le monde autour de nous ! C’est ce que Jésus nous dit dans l’Évangile d’aujourd’hui : « Celui qui agit selon la vérité vient à la lumière, afin que ses œuvres soient reconnues comme des œuvres de Dieu » (Jn 3, 21). 

« Vivez donc selon la vérité ! » Rayonnez la lumière de la foi, de l’espérance et de l’amour dans vos familles et dans vos communautés ! Soyez témoins de la sainte vérité qui rend les hommes et les femmes libres ! Vous savez, de par une amère expérience, que face à la fureur inattendue et destructrice du mal, le travail de reconstruction est douloureusement lent et dur. Cela nécessite temps, effort et persévérance. Ce travail doit commencer dans nos cœurs, dans les petits sacrifices quotidiens requis pour être fidèles à la loi de Dieu, dans les petits gestes par lesquels nous manifestons que nous aimons notre prochain – notre prochain quelle que soit sa race, son ethnie ou sa langue – dans la disponibilité à collaborer avec lui pour construire ensemble sur des bases durables. Faites en sorte que vos paroisses deviennent des communautés où la lumière de la vérité de Dieu et le pouvoir de l’amour du Christ qui réconcilie ne soient pas seulement célébrés, mais vécus dans les œuvres concrètes de la charité. N’ayez pas peur ! Même si cela signifie être « signe de contradiction » (Lc 2, 34) face à des attitudes de dureté et à une mentalité qui considère les autres comme des instruments à manipuler plutôt que comme des frères et des sœurs à aimer, à respecter et à aider sur le chemin de la liberté, de la vie et de l’espérance.

Permettez-moi de terminer en m’adressant en particulier aux jeunes de l’Angola et à tous les jeunes de l’Afrique. Chers jeunes, vous êtes l’espérance et l’avenir de votre Pays, la promesse d’un lendemain meilleur ! Commencez dès aujourd’hui à grandir dans l’amitié avec Jésus, qui est « le chemin, la vie et la vérité » (Jn 14, 6) : une amitié nourrie et approfondie par une prière humble et persévérante. Cherchez la volonté qu’il a sur vous, en écoutant quotidiennement sa Parole et en laissant sa loi façonner votre vie et vos relations. Ainsi, vous deviendrez de sages et généreux prophètes de l’amour salvifique de Dieu ; vous deviendrez les évangélisateurs de vos compagnons, les conduisant par votre exemple à apprécier la beauté et la vérité de l’Évangile et les orientant vers l’espérance d’un avenir modelé par les valeurs du Royaume de Dieu. L’Église a besoin de votre témoignage ! N’ayez pas peur de répondre généreusement à l’appel de Dieu à le servir, que ce soit comme prêtres, religieuses ou religieux, comme parents chrétiens ou bien encore à travers tant d’autres formes de service que l’Église vous propose. 

Chers frères et sœurs ! À la fin de la première lecture d’aujourd’hui, Cyrus, roi de Perse, inspiré par Dieu, enjoint au Peuple élu de retourner sur sa terre bien-aimée et de reconstruire le Temple du Seigneur. Que ces paroles du Seigneur soient un appel au peuple de Dieu tout entier, ici en Angola et dans toute l’Afrique australe : Levez-vous ! Prenez la route (cf. 2 Ch 36, 23). Regardez l’avenir avec espérance, ayez confiance dans les promesses de Dieu et vivez dans sa vérité. De cette façon, vous construirez quelque chose qui est destiné à subsister et vous laisserez aux générations futures un héritage durable de réconciliation, de justice et de paix. Amen

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